AdBlock : quelles sont les solutions?

L’omniprésence des publicités sur la toile a inévitablement mené à un ras-le-bol d’une partie des internautes. Les débats sur les « adblocks » prolifèrent et remettent en question la nature des publicités et principalement leurs usages abusifs.  Nombreux sites web sont aujourd’hui très dépendants d’un modèle économique basé sur les recettes publicitaires et sont fatalement les premières victimes de cette extension qui est la plus populaire au monde. Comment faire en sorte que la publicité soit mieux perçue ? 

Qu’est-ce que l’adblocking ? 

Il s’agit d’extensions installées volontairement par l’utilisateur dans le but de bloquer les chargements et l’affichage des bannières publicitaires principalement. Précisons que «  AdBlock » est le leader incontesté du marché de l’adblocking. Tous les formats de publicités sur le Web ne sont pas nécessairement à considérer comme dérangeants pour l’expérience utilisateur à partir du moment où la bannière s’intègre harmonieusement au design de la page (Native Marketing). Néanmoins, certains d’entre eux peuvent être totalement contre-productifs.

  •  Le pop-up  qui apparaît sauvagement lors d’un chargement d’une page. Il enregistre de bons résultats, mais engendre un ressentiment de la part de l’internaute malgré que celui-ci puisse être « capé », c’est-à-dire, ne pouvant apparaître plusieurs fois pour limiter la gêne.
  • Le pop under en est une variante, mais cette publicité s’ouvre derrière la page que l’internaute consulte.
  • L’interstitiel ou le pré-home consiste à imposer dès l’entrée d’un site, de manière percutante, une fenêtre qui couvre complètement la page pendant un laps de temps donné.

Ces types de publicités n’ont souvent pas leur place dans l’opinion collective des internautes. En effet, 85% des internautes se sentent irrités par ces publicités jugées trop souvent non-pertinentes. Et pour cause : en 4 ans, le phénomène AdBlock a quadruplé (+410% depuis 2012) ! L’augmentation représente aujourd’hui une menace d’envergure pour les annonceurs web. Ils pourraient être privés d’une part importante de leurs clients à l’avenir.

L’IAB (Interactive Advertising Bureau), l’organisation qui regroupe les acteurs de la publicité sur Internet a déclaré le 15/10/15 un mea culpa en se penchant sur cette question :

‟ Avec le recul aujourd’hui, gratter quelques centimes nous a peut-être coûté des dollars en loyauté du consommateur. Le système de reciblage rapide avec des publicités toujours plus lourdes a ralenti l’Internet du grand public et pompé plus d’une batterie. […] Ce rouleau compresseur est venu à bout de la patience des utilisateurs. „

Suite à ces déclarations, l’IAB conseille d’adopter un nouveau code de bonne conduite compressé dans l’acronyme LEAN : light, encrypted, ad choice supported  ( léger, chiffré, choisi, non-invasif).

Quelle est donc la voie à prendre pour regagner la confiance de l’internaute vis-à-vis des publicités sur le web ? En sachant que 17% des visites sont aujourd’hui adblockées, y a-t-il encore quelque chose à faire ? Qui sont les utilisateurs de cette extension ?

2/3 des visites  sont Adblockées par des hommes et 2/3 par des internautes de 18 à 34 ans. Le phénomène prend de l’ampleur chez les populations jeunes, car il s’agit généralement d’internautes plus engagés. Ils visionnent 8,5% de pages en plus lors de leur session et leur taux de rebond reste inchangé.

Comment s’y prendre ?

Face à cette pression publicitaire jugée de plus en plus anxiogène pour l’internaute, il est nécessaire et primordial de mettre en place de nouveaux leviers de performances publicitaires à l’avenir.

  • Le levier technique : les formats publicitaires dits  «forcés » sont les plus incitatifs à installer un AdBlock. Laisser le choix à l’internaute de fermer la publicité s’il le désire, permet, en plus de préserver une bonne image de marque, d’acquérir un meilleur taux d’engagement, plus de conversions et une optimisation des investissements. ( Ex : publicité Youtube )
  • Le levier éditorial : stop aux formats intrusifs ! L’intégration de publicités parfaitement accordées au fond et à la forme du média employé permet une amélioration de l’expérience client-utilisateur ainsi que l’optimisation des performances digitales des annonceurs. C’est ce qu’on appelle le Native Advertising. ( Ex : fil d’actualité Facebook)
  • Le levier stratégique : développer une stratégie d’optimisation des campagnes grâce aux données collectées sur tous les dispositifs digitaux de l’entreprise et les données achetées à des tiers. Cette stratégie dépend de la position des prospects et clients dans l’entonnoir de conversion.

Il est également possible de mettre en place une stratégie de freemium pour permettre à l’utilisateur qui adhère à une version payante de lui exonérer toutes formes de publicités sur un site web ou autre, tel Spotify.

Pour finir, il est important de préciser que toute défaillance technique n’est pas exclusivement due au phénomène AdBlock. Cependant, l’explosion de ce phénomène pourrait à l’avenir mettre à mal certains annonceurs. Il est donc impératif de délaisser les stratégies publicitaires de masse et d’actionner les trois leviers expliqués précédemment. Il est très important de rester concentré non pas sur le moyen mais sur la finalité, c’est-à-dire l’audience. Sans elle, les performances risqueraient de chuter considérablement.

Sources

http://www.pressnut.com/2016/10/07/adblock-detraqueur-performance-digitale/

http://data-media.fabernovel.fr/wp-content/uploads/2016/09/Livre-Blanc_-AdBlockers_vDef-1.compressed.pdf

http://www.01net.com/actualites/qui-sont-les-plus-gros-utilisateurs-d-adblock-dans-le-monde-914959.html

http://www.iabfrance.com/content/presentation-de-letude-ipsos-realisee-pour-liab-france-sur-les-adblocks

http://rue89.nouvelobs.com/2016/03/10/tas-adblock-portrait-robot-internautes-gaves-pub-263422

Article écrit par Kevin Glabeke

Passionné par les nouvelles technologies et l'informatique depuis mon plus jeune âge, je me suis naturellement dirigé vers l'apprentissage d'un métier issu du web. Bien que le community management m'intéresse beaucoup, je reste très ouvert à toutes les autres facettes que peut apporter l'e-Business.