Financer son site web malgré Adblock

Financer son site web malgré Adblock

Comme vous l’aurez déjà probablement lu ou entendu, le célèbre bloqueur de publicités « Adblock Plus » bouscule le monde de l’internet et mène les acteurs du web à repenser leur modèle économique. Des solutions sont actuellement mises en place et d’autres ne sont encore qu’envisagées. Quels sont les moyens de financer le web ? 

Avec plus de 200 millions d’utilisateurs dans le monde, le système économique actuel du web, qui jusqu’à il y a peu fonctionnait encore assez bien, est mis à mal par l’extension Adblock Plus installée par les internautes sur leur navigateur internet. Ce plug-in, qui cache et supprime la publicité, empêche les sites web de faire des profits tout en continuant à proposer du contenu « gratuit » et libre d’accès. Ce sont avant tout les pop-up, nuisances visuelles et parfois sonores qui poussent les internautes à installer un plug-in du style AdBlock Plus, et ce au détriment des sites internet qui tentent d’en mettre le moins possible tout en essayant de survivre de leur activité web.

De nombreux sites internet font malheureusement face à une importante baisse de leurs revenus depuis maintenant plusieurs mois voire même des années à cause de ces bloqueurs de pub. Dans certains pays tels que l’Allemagne, où siège la société Eyeo en charge de l’édition d’Adblock Plus, le taux d’utilisateurs de l’extension dépasse les 60% !

Les alternatives déjà mises en place

Avec la récente annonce d’iOS 9 et la possibilité d’y installer des bloqueurs de pub sur l’iPhone et l’iPad, Apple n’a fait qu’empirer la situation et fait désormais réagir toute la planète sur le problème.

Les grands éditeurs ont d’abord essayé de financer leur business en proposant du contenu payant, mais force est de constater que ce genre de pratique a peu de succès auprès d’un lectorat habitué au libre accès à l’information sur internet.

Les sites web, à petit ou moyen revenu, essayent de bloquer l’accès à l’information à tout utilisateur disposant d’un bloqueur de pub. Ce phénomène, déjà observé lors du visionnage de vidéos en ligne, se développe dorénavant aussi sur le contenu écrit des sites internet.

Et puis, il y a également les très grands éditeurs du web qui sont prêts à payer Adblock Plus (Ghostery) pour placer leur site sur liste blanche !

Si l’on peut noter un effet négatif pour les acteurs du web, on peut également pointer que la suppression de la publicité est un réel plus pour l’expérience du lectorat puisque le web se consulte de plus en plus sur les objets connectés, smartphones et tablettes. Malheureusement, la publicité augmente considérablement les temps de chargement, et la data – si le WiFi n’est bien sûr pas disponible – se voit beaucoup plus vite consommée et tout cela mène évidemment à un utilisateur irrité par la publicité.

Comment financer autrement son activité web ?

Le modèle économique actuel étant mis à mal par les bloqueurs, il est nécessaire de trouver des alternatives viables et surtout envisageables sur le long terme.

Actuellement, les grands acteurs du web misent tout sur le mobile et la vidéo ! Peu de vidéos ne possèdent pas de publicité au début du visionnage. Google a récemment testé à travers son navigateur Chrome une nouvelle astuce contraignant les internautes surfant sur YouTube et possédant un bloqueur de pub à visionner pendant plusieurs minutes une publicité vidéo avant de pouvoir accéder à la vidéo désirée. L’entreprise pourrait envisager l’application de cette nouvelle contrainte sur tous les navigateurs dans un avenir proche. Mais ce n’est pas tout ! Les éditeurs menacent même d’intégrer la publicité dans la vidéo, empêchant ainsi tout bloqueur de pub de fonctionner.

Les grands acteurs du web pourraient également coopérer avec Adblock Plus pour faire pression sur la société Eyeo afin d’y changer le fonctionnement de l’extension. Au lieu de partir du principe que tous les sites soient sur liste noire, il serait envisageable de laisser l’internaute juger par lui-même les sites nécessitant un blocage, notamment pour les publicités les plus embarrassantes comme les pop-up qu’on retrouve principalement sur les sites peu fiables, pas très catholiques et parfois même illégaux.

On pourrait aussi dans un cas extrême imposer aux fournisseurs d’internet une redevance qui serait reversée aux acteurs du web. Chaque mois, le client d’internet devrait payer une petite somme en plus afin de financer en partie les sites vivant seulement d’une activité online et sans pub. Cette proposition de solution n’est cependant pas simple à mettre en place et ne résout qu’une partie du problème. En effet, qui payera le géant Google dont sa quasi seule source de revenus se fait par la publicité AdWords et AdSense ?

Une solution miracle n’existe donc pas, mais les éditeurs de contenu peuvent en revanche sensibiliser les internautes pour réduire au maximum l’utilisation d’un bloqueur de pub sur leur site.

Sources :

 

 

 

Article écrit par Thomas Hubert

Diplômé régent en anglais/néerlandais, je poursuis actuellement ma formation en 2ème e-Business afin d'assouvir ma soif de connaissance. Passionné dès le plus jeune âge par l'informatique et les langues, le choix fut trop cornélien en fin de rhétorique.