Internet : un progrès technologique ou un coût écologique ?

Internet : un progrès technologique ou un coût écologique ?

Les sociétés modernes, à la pointe de la technologie, ont un appétit vorace ; elles consomment excessivement l’énergie ! L’appétit venant en mangeant, les objets connectés l’utilisent sans aucun frein. Qu’en est-il de l’impact sur l’environnement à l’échelle de la planète, sachant qu’Internet ne touche que 42% de la population mondiale ?  

Schéma des intervenants internet.

Source : http://paris.comeen.netdna-cdn.com/,10 décembre 2015

 

Internet : un énergivore hors norme !

Planète entouré de câble ethernet.

http://www.ecoloinfo.com, 10 décembre 2015

Internet, c’est ce monde virtuel qui nous entoure quotidiennement, et qui pour fonctionner, a besoin d’infrastructures réelles. Celles-ci sont alimentées en électricité, elles sont donc une source de dépenses énergétiques considérables.

En expansion permanente, Internet a un impact écologique non négligeable. L’augmentation journalière et continue de la fréquentation de ce monde virtuel (soit 4,8 heures/jour en moyenne, auxquels il faut encore ajouter 2,1 heures via les smartphones) ne cesse d’accroître les taux de consommation d’énergie. En plus, de la consommation générée par les individus eux-mêmes, il faut prendre en compte celle du matériel informatique mis en place pour répondre à la demande grandissante des utilisateurs (wifi, boîtier ADSL, serveurs,etc.). Pour se rendre compte de sa dimension énergivore, il est donc important d’englober toutes les sources potentielles de dépenses énergétiques liées de près ou de loin à Internet.

Qui sont les grands consommateurs d’énergie liés à Internet ?

Un des problèmes majeurs provient du développement rapide des dispositifs mobiles et de la croissance de la consommation de contenus vidéos.
On constate que le trafic des données augmente bien plus rapidement que le nombre d’utilisateurs (45% contre 6 à 7% par an, estime l’Institut Universitaire de Technologie).

Selon le journal Le Monde, les dispositifs mobiles sont moins énergivores que les ordinateurs de bureau, mais c’est sans tenir compte de l’augmentation de la consommation liée au transfert des données distantes, laquelle augmente globalement la consommation énergétique.
À titre illustratif, il est retenu que : « le trafic sans fil via la 3G utilise 15 fois plus d’énergie que la Wi-Fi, et la 4G consomme 23 fois plus ! »
La combinaison des dispositifs portables et de l’accès sans fil augmente en réalité fâcheusement le temps que nous passons en ligne.

Un autre facteur clef, repose sur les débits croissants, car l’utilisation de l’énergie augmente avec le volume de données auquel nous nous connectons. Or le trafic vidéo, le plus gourmand en données et par conséquent en énergie, est en fort développement.
En 2012, 57% du trafic internet (hors vidéos échangées sur les réseaux P2P) était de la vidéo, et ce chiffre devrait passer à 69% en 2017.

En matière de consommation énergétique, l’accès sans fil et la consommation vidéo sont les plus énergivores!
Saviez-vous que chaque minute sur Internet, 72 heures de vidéos sont téléchargées sur YouTube et 4 millions de recherches sur Google sont effectuées. Ces chiffres nous démontrent donc l’importance de limiter leur impact sur la consommation d’énergie.
Cela étant, en contrepartie, les réunions visiophoniques permettent de limiter des déplacements qui sont tout autant énergivores.

Afin de limiter la quantité d’énergie utile au refroidissement des serveurs informatiques, Google cherche à développer son projet « Loon » (diminutif de ballon) qui consiste à développer un réseau d’accès sans fil grâce à des ballons flottant dans la stratosphère.

Permet de diffuser du réseau internet depuis la stratosphère.

http://www.clubic.com/internet/, 10 décembre 2015

 

Comment limiter la consommation d’énergie d’internet à notre échelle ?

Il est préférable d’utiliser des photos ou vidéos allégées lorsqu’elles sont uniquement destinées à internet.

Saviez-vous que l’envoi d’emails dans le cadre professionnel génère, chaque année, 13,6 tonnes de CO2 pour une échelle d’entreprise de 100 personnes ! Soit environ 13 allers-retours Paris-New-York, ou encore 136 kg de CO2 par salarié.

Quelques conseils pour limiter notre consommation d’énergie :

  •  réduire le nombre de Newsletter ou de courriers spam ;
  •  diminuer le stockage des mails et des pièces jointes ;
  •  limiter le taux d’impression de mails.

Les requêtes web polluent tout autant !

Pour surfer sur le net, nous avons besoin de serveurs qui consomment de l’électricité et dégagent de la chaleur. Selon l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), la recherche d’information via un moteur de recherche représente au final 9,9 kg de CO2 par an et par internaute.

On pourrait diminuer notre empreinte comme suit :

  • en utilisant des mots clés précis ;
  • en saisissant directement l’URL (Uniform Ressource Locator) lorsqu’on la connaît ;
  • en enregistrant les sites souvent visités dans ses « favoris ».

 

A titre informatif et pour conclure, quelques chiffres.

Il faut savoir que chaque minute sur Internet, 2,46 millions de contenus sont partagés sur Facebook et près de 204 millions de mails sont envoyés. Il y 144 milliards d’emails échangés chaque jour (dont 68,8% sont des spams) et 3025 milliards d’internautes (soit 42% de la population mondiale, dont une majorité en Amérique du nord et en Europe de l’ouest) qui surfent sur le net. Ces données sont démonstratives de l’industrie technologique qu’Internet représente, elles permettent de montrer en quoi les coûts énergétiques sont conséquents.

Les nombreux progrès technologiques ont permis un jour de façonner un système virtuel tel qu’Internet. Aujourd’hui, ce monde virtuel, que nous avons créé, peut modifier notre monde physique en ayant un impact écologique sur lui. Cette empreinte qu’il pose, on ne peut l’ignorer sous prétexte que sa cause est informatique. Ici, comme partout où les questions de sécurité environnementale surgissent, c’est à l’homme que revient la tâche de mettre en oeuvre les moyens de résolutions des problèmes qu’il a directement ou indirectement engendrés. Encore faut-il qu’il décide de s’impliquer concrètement.

Sources :

Blog le mondehttp://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/07/07/combien-de-co2-pesent-un-mail-une-requete-web-et-une-cle-usb/

E-rsehttp://e-rse.net/empreinte-carbone-internet-green-it-infographie-12352/

Maison populairehttp://www.maisonpop.fr/spip.php?article705

Blog du modérateurhttp://www.blogdumoderateur.com/chiffres-internet/

Article écrit par Antoine Picron

Actuellement étudiant en E_Business à la HEPH-CONDORCET Tournai, j'accorde beaucoup d'importance aux nouvelles technologies ainsi qu'aux métiers découlant du web. La création de site web reste jusqu'à présent mon domaine favori mais je reste ouvert à la découverte de nouveaux secteurs.