L’arnaque à l’ivoirienne

L’arnaque à l’ivoirienne

Introduction

Les brouteurs sont les escrocs du 21ème siècle. Séduire, émouvoir et escroquer sont les maîtres mots de ces cybercriminels. Souvent basés en Côte d’ivoire, plus particulièrement à Abidjan, les brouteurs gagnent facilement leur « brou », qui signifie pain en dialecte ivoirien, en faisant chanter leur victime. Cependant, ces criminels se cachent aussi derrière des arnaques comme par exemple les mails que vous recevez dans votre boîte de réception dans lesquels il est indiqué que vous avez gagné à la loterie, ou bien que vous êtes l’héritier d’un oncle inconnu à l’autre bout du monde, ou encore que vous êtes l’heureux gagnant d’un passeport d’un an pour aller aux Etats-Unis gratuitement.

Mode opératoire

Depuis un cybercafé, leur stratégie est simple. Ils usurpent l’identité d’un tiers et lui construisent une vie très agréable avec un superbe métier comme avocat, pilote de ligne, ou encore chirurgien. De plus, les photos de profil qu’ils utilisent montrent très souvent des hommes ou des femmes qui présentent un physique très agréable à l’œil, ce qui augmente la véracité du profil.

Ensuite, les brouteurs partent à la recherche de leurs victimes potentielles par le biais des réseaux sociaux, des sites de rencontres ou encore des forums de discussions. Après cette recherche, le scénario de séduction s’enclenche et au fur et à mesure des conversations car une relation de confiance s’installe avec la victime.

L’étape suivante dépend du procédé de l’escroc. Il peut demander à sa victime de faire des choses dégradantes (ex: photo à caractère pornographique) pour ensuite la faire chanter en exigeant un paiement, ou jouer sur son sentiment du culpabilité en demandant de l’argent pour faire face des difficultés rencontrées durant un voyage d’affaires ou pour soigner un membre de sa famille qui est très malade mais qui n’a pas les moyens de se soigner.

Les victimes sont, malgré leur vigilance, souvent abusées car le brouteur va leur fournir, dans la majorité des situations, un document qui semble officiel mais ne l’est pas du tout.

Mais au final, elles tomberont dans le panneau de ces escrocs et obéiront à leurs demandes. Malheureusement, les « mugus » qui signifie « pigeons » en ivoirien se rendent compte trop tard de la supercherie et ne revoient plus la couleur de leur argent. Ces cybercriminels réussissent à briser des vies et cela peut même aller parfois jusque les détruire.

Comment se protéger ?

Astuces anti-brouteurs

  • Ne pas répondre aux demandes d’argent de personnes que vous ne connaissez pas
  • Faire attention aux personnes au physique avenant qui viennent vous parler spontanément. Cependant, les photos de profil ne sont pas toujours des plus séduisantes, car la photo d’une personne « ordinaire » qu’elle soit âgée, malade suscitera facilement la compassion et la culpabilité
  • Se méfier des inconnus qui, à peine la conversation engagée, vous témoignent de grands élans d’affection comme si vous les connaissiez depuis toujours…
  • Etre prudent si le profil est truffé de fautes d’orthographe ou s’il est rédigé dans un charabia incompréhensible
  • Les faux profils ont des métiers de « rêve » comme architecte, pilote de ligne, avocat, directeur de banque, …

Soutien aux victimes

Heureusement, des associations telles que AVENE (Association des Victimes d’Escroqueries à la Nigériane en Europe) ou encore l’AVEU du Net (Association des Victimes d’Escroquerie et d’Usurpation du Net) défendent les droits des victimes devant les institutions des pays concernés.

Un article co-écrit avec Benjamin Vos et Andy Ponthier

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