Lorsque les entreprises se « mettent » au vert ou le Greenwashing

Lorsque les entreprises se « mettent » au vert ou le Greenwashing

Depuis quelques années, le monde est de plus en plus concerné par son impact sur l’environnement,  par le développement durable, ou encore par sa responsabilité écologique. Les entreprises profitent de cette conscience écologique qui imprègne la société en se livrant à un éco blanchissement, c’est-à-dire qu’ils communiquent les soi-disant bienfaits environnementaux de leur marque ou de leur(s) produit(s). Cette technique de marketing, permettant de se donner une dimension écologique responsable, s’appelle le Greenwashing.

Dans la plupart des cas, la technique du « blanchissement vert » est utilisée par des entreprises de la grande distribution ou des marques qui ont été critiquées pour leur impact nuisible qu’ils ont sur la planète. En utilisant ce procédé, ils essayent de contrer ces critiques en se construisant une image écoresponsable.

On peut voir, par exemple, McDonald’s se mettant au vert afin de montrer qu’il participe au développement durable, et ce en investissant dans une électricité renouvelable. Ils ont également refait la décoration de leurs restaurants en y présentant des devantures en bois, ou autres décorations faisant allusion à la nature. Ces éléments rejaillissent indirectement sur l’image des produits vendus en leur donnant une note plus « nature », positive quoi ! Mais arrêtons de rêver : les frites seront toujours cuite dans de la graisse et le Big Mac pulverisera toujours nos bonnes résolutions alimentaires avec ses 510 Kcal (pour 219 gr) et ses 12 additifs chimiques en tout genre (entre autres : sulfates, émulsifiants, conservateurs, orthophosphates, diphosphates // source : Consoglobe).McDonald Greenwashing

Comment s’y retrouver?

Afin de discerner le vrai du faux, voici quelques caractéristiques du Greenwashing :

  • le produit n’est généralement pas écologique;
  • l’impact écologique du produit sur l’environnement est exagéré (si le produit a un intérêt écologique mais faible);
  • des faux labels sont utilisés;
  • des images en rapport avec l’environnement sont utilisées dans le seul but de paraître écologique;

Mais la société n’est pas dupe, ce n’est pas en changeant son logo en vert, en promettant un prétendu impact favorable à l’environnement, qui est d’ailleurs parfois impossible (une voiture bonne pour l’environnement ça n’existe pas), que les entreprises vont convaincre les gens d’acheter leur(s) produit(s).

Cependant ce qui peut porter à confusion, ce sont les labels que les entreprises s’auto attribuent qui donnent l’impression que les autorités publiques ont certifié leur(s) produit(s).

Alors comment savoir si le label est garanti ou non ?

Afin d’aider les consommateurs à distinguer les labels fiables, un guide a été mis en place. Ce guide, infolabel.be , recense tous les labels existants (fiables ou non) avec toutes les informations à savoir sur eux (les critères, l’histoire de leur création, le contrôle, …). Ce qui permet donc au consommateur de savoir si oui ou non le label est digne de confiance.

Et que dit la loi ?

Le code du droit économique dit que les pratiques commerciales trompeuses (contenant des informations fausses) ou susceptibles de porter en erreur le consommateur sont interdites. Or le verdissage fait partie de ces pratiques commerciales, elle est donc interdite par la loi.

L’art VI.100 de ce code énonce également les pratiques commerciales trompeuses ayant pour objet certaines conduites sont des pratiques commerciales déloyales.

Exemple de ces conduites énoncées dans cet article du code du droit économique:

  • prétendre avoir signé un code de conduite alors que ce n’est pas le cas;
  • afficher un label, certificat ou autre étiquette professionnelle sans l’autorisation nécessaire;
  • prétendre avoir reçu l’approbation d’un organisme public ou autre ;
  • etc.

Il existe également d’autres textes spécifiques qui régulent également le Greenwashing tel que le code de la publicité écologique.

Le JEP (Jury d’Éthique Publicitaire) s’est vu confier par l’État la régulation de ces publicités. Ce Jury a donc pour mission d’analyser les messages publicitaires pour savoir s’ils sont conformes ou non, et ce en se basant sur les lois existantes. Cependant, le JEP ne peut agir que si une plainte a été déposée ou que si l’annonceur soumet sa publicité pour une demande d’avis.

En conclusion

En conclusion, même si des lois ou des organismes existent, le Greenwashing est encore très présent dans le monde de la publicité. Il faut donc être vigilant et se documenter sur le produit ou la marque afin d’obtenir un maximum d’informations et donc de distinguer les produits réellement favorables à l’environnement.

Article écrit par Celia Descamps

Je suis étudiante à la Haute école de Condorcet dans la section E-business. J'aime également lire et le cinéma.